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La Cnav, face à ses contradictions

Publié le par Gigi Tdah

La Cnav face à ses contradictions, les failles juridiques et temporelles de la nouvelle circulaire sur la retraite anticipée des assurés handicapés.

 

🔸 La circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) datée du 15 juin 2026, censée clarifier les nouvelles modalités de la Retraite Anticipée des Assurés Handicapés (raah), brille malheureusement par un manque de rigueur technique et juridique.

▪️Destiné à orchestrer l’application de la réforme des retraites issue de la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 et de l’article L. 351-1-3 du Code de la sécurité sociale, ce document officiel s’enclenche dans une série de contradictions internes majeures, naviguant entre anachronismes temporels et erreurs de calcul mathématique qui mettent en péril sa sécurité juridique alors même que son entrée en vigueur officielle est fixée au 1er septembre 2026.

🔸 La première fracture de cohérence apparaît dès la première page du document, au niveau de la définition de son périmètre d'application. La note de présentation stipule que le nouveau texte régit les pensions prenant effet à compter de cette date butoir du 1er septembre 2026 pour l'ensemble des assurés nés à compter du 1er septembre 1961. Pourtant, une lecture attentive de l’Annexe 3, située à la page 38, vient immédiatement démentir cette affirmation, le tableau officiel barre les lignes des assurés nés en 1961 et 1962 de la mention explicite (sans objet, âge légal de départ en retraite déjà atteint). En vertu du relèvement progressif de l'âge légal imposé par la réforme, ces assurés basculent en effet automatiquement dans le régime de droit commun au moment où la circulaire devient effective, rendant l'introduction du texte juridiquement aberrante pour ces générations.

🔸 Ce flou se transforme en véritable anachronisme à la page 13, dans la section dédiée à la saisine de la commission nationale pour la validation rétroactive des périodes de handicap. Pour illustrer la procédure, la circulaire aligne des exemples dont les calculs d'âge semblent figés dans le passé. 

▪️Elle évoque d'abord le cas d'un assuré né en 1965 qui serait âgé de 57 ans, alors qu'en cette année 2026, cette génération atteint la soixantaine révolue.

▪️Elle mentionne ensuite un assuré né en 1972 qui aurait 59 ans, alors que cette même génération n'a encore que 54 ans au moment de la publication. Ces repères factuellement faux trahissent le recyclage maladroit d'anciens documents de travail n'ayant jamais fait l'objet d'une réactualisation réglementaire pour s'ajuster au calendrier réel de mise en œuvre.

🔸 Plus problématique encore, cet anachronisme textuel débouche sur une violation flagrante des barèmes légaux au sein même des exemples fournis pour la période postérieure au 1er septembre 2026. ▪️Toujours à la page 13, la circulaire affirme qu'un assuré né en 1967 désirant partir à l’âge de 55 ans doit justifier de 110 trimestres de durée d’assurance cotisée. 

▪️Or, si l’on se réfère à la grille officielle de l’Annexe 3 (page 38), conforme aux décrets d’application de la réforme pour les pensions liquidées à partir de septembre 2026, l’exigence réelle pour la génération 1967 à cet âge est fixée à 111 trimestres.

▪️En imprimant un chiffre erroné de 110 trimestres, qui correspond en réalité à l'ancien droit décrit à l'Annexe 2, le corps du texte de la Cnav entre en conflit mathématique direct avec ses propres annexes et se met en contradiction avec l'article R. 351-34 du Code de la sécurité sociale, créant une insécurité juridique majeure pour les gestionnaires de caisses et les assurés dès le jour de son effectivité.

Gigi Tdah 😉

 

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