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L'atelier de l'orthophoniste

Publié le par Gigi Tdah

 

L'atelier de l'orthophoniste
L'atelier de l'orthophoniste
L'atelier de l'orthophoniste
L'atelier de l'orthophoniste
L'atelier de l'orthophoniste
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Une jolie Métaphore

Publié le par Gigi Tdah

 

Une jolie Métaphore
Une jolie Métaphore
Une jolie Métaphore
Une jolie Métaphore

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Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.

Publié le par Gigi Tdah

Notice de Concerta, quand l'information réglementaire, entretient plus la peur qu'elle n'explique le médicament.

 

🔸En relisant attentivement la notice de Concerta LP, il y a plusieurs incohérences ou manques qui méritent d'être soulignés.

▪️La première est que la notice affirme que le comprimé est (à libération prolongée ), sans expliquer réellement comment il fonctionne. Pourtant, Concerta utilise un système osmotique sophistiqué (oros) qui libère progressivement le méthylphénidate pendant plusieurs heures grâce à une membrane semi-perméable et une micro-ouverture. Cette technologie explique aussi pourquoi l'enveloppe du comprimé peut être retrouvée intacte dans les selles. Cette information essentielle est quasiment absente.

🔸 Autre point étonnant, la notice met fortement en garde contre l'alcool, mais sans distinguer une consommation importante de la présence de très faibles quantités d'alcool dans certains médicaments ou aliments. Le message est volontairement simplifié pour des raisons de sécurité, mais il manque de nuance.

▪️La composition mentionne également la présence de dioxyde de titane (E171). Cet additif est interdit dans l'alimentation en Europe depuis 2022 en raison d'incertitudes sur sa sécurité à long terme, mais il reste autorisé dans certains médicaments. La notice n'explique pas cette différence réglementaire, ce qui peut légitimement surprendre.

🔸 Concernant les effets indésirables, la notice énumère de très nombreux risques, parfois impressionnants, psychose, hallucinations, idées suicidaires, troubles cardiaques, mort subite... Tous ces effets sont connus et doivent être mentionnés, mais la notice n'insiste pas suffisamment sur un point essentiel, la plupart sont rares ou très rares, et la majorité des patients ne les développeront jamais. Sans cette mise en perspective, le lecteur peut avoir une perception disproportionnée du risque.

🔸Même constat pour les risques cardiovasculaires. La notice insiste beaucoup sur les complications graves, mais explique peu que, chez une personne sans maladie cardiaque connue, le méthylphénidate provoque le plus souvent seulement une légère augmentation de la fréquence cardiaque ou de la tension artérielle, justifiant une simple surveillance médicale.

🔸 La notice affirme que le médicament (augmente l'activité de certaines parties du cerveau). Cette phrase est exacte, mais très incomplète. Elle ne précise pas que le méthylphénidate agit principalement en bloquant la recapture de la dopamine et de la noradrénaline, ce qui améliore les fonctions attentionnelles et le contrôle des impulsions.

Enfin, certains conseils pratiques sont absents ou insuffisamment expliqués. La notice indique qu'il ne faut jamais casser ou écraser le comprimé, mais sans préciser que cela détruit complètement le système de libération prolongée.

🔸 Elle ne parle quasiment pas du phénomène de (rebond)en fin de journée, des différences avec les autres formes de méthylphénidate, ni des facteurs pouvant modifier la perception de l'efficacité du traitement (sommeil, stress, alimentation, etc.).

▪️Cette notice est réglementairement correcte, mais elle reste très pauvre sur le plan pédagogique. 

▪️Elle informe des risques, comme la loi l'exige, sans toujours donner le contexte permettant de comprendre leur fréquence réelle ou le fonctionnement du médicament.

▪️Le résultat est une notice qui peut inquiéter davantage qu'elle n'aide à comprendre.

Gigi Tdah 😉

 

Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.
Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.
Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.
Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.
Notice du Concerta, quand l'information règlementaire entretient plus la peur qu elle n'explique.

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​ ​L’Ambition Inclusive en Autonomie, quand le Droit Égalitaire Rencontre la Réalité du Terrain.

Publié le par Gigi Tdah

L’Ambition Inclusive en Autonomie, quand le Droit Égalitaire Rencontre la Réalité du Terrain.

 

🔸 Le compte rendu de la Commission des affaires sociales du 16 juin 2026 met en lumière un décalage criant entre une ambition inclusive affichée et une réalité juridique et opérationnelle qui reste fragile. Dès les premières pages, la ministre déléguée place l’inclusion au centre de sa feuille de route, affirmant que la société doit passer d’une approche où le handicap est une réalité (séparée) à une société véritablement accessible (pages 4-6). Cependant, cette ambition, loin d’être une rupture, se heurte à des principes juridiques déjà posés.

▪️Depuis la loi du 11 février 2005, la France s’est engagée à garantir l’accessibilité universelle. ▪️Bâtiments.

▪️Transports.

▪️Scolarisation.

▪️Services numériques.

🔸 Pourtant, en affirmant vouloir passer d’une inclusion à une accessibilité sans cadre nouveau, la ministre occulte que ces obligations existent déjà. Le défaut principal n’est pas l’absence de loi, mais le retard dans son application effective. Un deuxième paradoxe éclate avec la transformation des Ehpad en (Maisons France Autonomie) (pages 10-11). Ce projet est décrit comme une révolution des établissements, mais sans aucun cadre juridique ni norme. Or, le droit administratif impose qu’une nouvelle catégorie d’établissement soit accompagnée d’un décret, de critères nationaux et d’obligations claires. Ici, tout repose sur la bonne volonté des établissements, sans mécanisme de contrôle ni calendrier contraignant, ce qui laisse la transformation suspendue à des initiatives locales. Sur le plan financier (pages 7-9), les parlementaires pointent un déficit structurel. Malgré une hausse de la CSG sur le capital, les dépenses progressent plus vite que les recettes.

▪️Selon l’article L14-10-5 du Code de la Sécurité sociale, chaque branche doit maintenir un équilibre.

▪️ Or, ici, aucun dispositif concret n’est annoncé pour assurer cette viabilité. La ministre reconnaît ce déficit, mais renvoie les solutions à de futurs arbitrages, en contradiction avec les obligations légales de stabilité budgétaire.

🔸 La simplification administrative (pages 15-17) est un autre exemple frappant. La ministre promet de réduire les démarches répétitives, notamment le renouvellement des cartes mobilité inclusion. Pourtant, les familles témoignent encore de lourdeurs administratives. L’article L146-6 du Code de l’action sociale impose déjà un accès simple aux droits, mais la réalité montre que les Mdphs ne remplissent pas encore cette mission. La ministre reconnaît elle-même que ces procédures sont trop complexes, mais sans calendrier précis, les familles demeurent dans l’incertitude.

🔸 Pour finir, l’école inclusive (pages 12, 16, 20) est mise en avant comme la priorité absolue de la ministre.

▪️Elle affirme que l’intégration des élèves en situation de handicap doit devenir une réalité, avec une présence renforcée du médico-social dans les écoles. ▪️Toutefois, les députés rappellent que ces ambitions se heurtent aux réalités du terrain, les pôles d’appui à la scolarité (Pas) manquent de professionnels spécialisés, les aménagements aux examens restent difficiles et les familles subissent toujours des délais excessifs.

▪️Le Code de l’éducation, notamment à travers l’article L112-1, garantit pourtant le droit à une scolarisation adaptée. Cette contradiction est d'autant plus marquée que le droit à l'éducation des élèves en situation de handicap n'est pas une simple orientation politique, mais un droit fondamental, ( tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant est inscrit dans l'école ou l'établissement scolaire le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence).

🔸Cette disposition est renforcée par la loi du 11 février 2005, qui consacre le principe d'égalité des droits et des chances, ainsi que par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, notamment son article 24, qui impose aux États de garantir un système éducatif inclusif à tous les niveaux, sans discrimination. Pourtant, les échanges au sein de la commission démontrent que cette obligation juridique demeure largement inaboutie. Plusieurs députés dénoncent l'absence d'enseignants spécialisés dans les pôles d'appui à la scolarité (Pas), les difficultés à obtenir des aménagements d'examens pourtant prévus par les textes, ainsi que les inégalités territoriales dans l'accompagnement des élèves. La ministre reconnaît elle-même que des ajustements sont encore nécessaires et que des instructions devront être données ultérieurement.

🔸 Autrement dit, elle admet implicitement que les moyens actuellement déployés ne permettent pas de rendre pleinement effectif un droit pourtant reconnu depuis plusieurs années. Une autre incohérence apparaît lorsque la ministre affirme vouloir développer l'autodétermination des personnes en situation de handicap. Ce principe implique que la personne puisse choisir librement son parcours de vie, son lieu de vie, son accompagnement et ses projets. Pourtant, le fonctionnement décrit tout au long du compte rendu reste fortement dépendant de décisions administratives, orientation par les Mdphs, validation des aides, prescriptions médicales, disponibilité des places dans les établissements ou encore décisions des agences régionales de santé.

▪️Le choix de la personne demeure donc largement conditionné par l'offre existante plutôt que par ses besoins réels.

▪️Cette situation est en contradiction avec l'article 19 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, qui reconnaît le droit des personnes handicapées à vivre de façon autonome et à choisir librement leur mode de vie, sans être contraintes par une organisation institutionnelle.

🔸 Cette même contradiction apparaît dans les propos de la ministre lorsqu'elle affirme vouloir passer d'une ( logique de places ) à une ( logique de parcours ) tout en reconnaissant que cette transformation se fera progressivement, sur la base du volontariat des établissements et des professionnels.

▪️ Or, une réforme présentée comme une transformation profonde du modèle médico-social ne peut produire des effets homogènes si elle repose uniquement sur l'adhésion volontaire des acteurs. Il existe donc un décalage manifeste entre le caractère historique présenté de la réforme et les moyens réellement mobilisés pour la rendre effective. Le compte rendu met en évidence une dernière incohérence majeure.

▪️La ministre affirme que les politiques publiques seront désormais évaluées au moyen d'indicateurs de suivi, mais aucun indicateur précis, aucun objectif chiffré ni aucun calendrier détaillé ne sont présentés lors de l'audition. 

🔸Les engagements restent formulés de manière générale (simplifier, transformer, renforcer, accompagner ) sans que soient définis des critères permettant de mesurer objectivement leur réussite. Cette absence d'indicateurs fragilise le principe même d'évaluation de l'action publique et rend difficile le contrôle parlementaire de l'exécution des engagements pris devant la Commission des affaires sociales.

🔸 L incohérence la plus profonde de ce compte rendu réside dans l'écart entre le discours et le droit.

▪️ Une grande partie des engagements annoncés, accessibilité, école inclusive, autodétermination, simplification administrative, continuité des parcours, ne constituent pas des innovations mais des obligations déjà inscrites dans la loi française et dans les engagements internationaux de la France.

▪️ Le véritable enjeu n'est donc pas de créer de nouveaux droits, mais de rendre effectifs ceux qui existent déjà.

▪️A, plusieurs reprises, les réponses de la ministre reconnaissent implicitement que cette effectivité n'est pas encore atteinte, ce qui constitue la principale faiblesse du projet présenté devant la Commission.

Gigi Tdah 😉

 

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Autorégulation à l école.

Publié le par Gigi Tdah

AUTORÉGULATION À L’ÉCOLE, UN DISPOSITIF OFFICIEL… MAIS INÉGALEMENT APPLIQUÉ EN FRANCE.


🔸En France, l’autorégulation à l’école n’est pas une initiative locale ou associative, mais bien un dispositif officiel inscrit dans les textes de l’Éducation nationale. Il est encadré par une instruction interministérielle publiée au Bulletin officiel n°34 du 12 septembre 2024 (NOR : TSSA2419673J), dans le cadre de la stratégie nationale 2023–2027 dédiée aux troubles du neurodéveloppement (tnd). Cela concerne directement les élèves présentant des tsa (autisme), des tdah, des troubles dys ou encore un trouble du développement intellectuel.

🔸Sur le principe, l’autorégulation repose sur une idée forte, permettre à certains élèves d’apprendre à mieux gérer leurs émotions, leur attention, leur comportement et leurs apprentissages, afin de favoriser leur inclusion en classe ordinaire. Concrètement, cela peut se traduire par un espace dédié dans l’établissement, souvent appelé dispositif ou salle d’autorégulation, où l’élève peut être accueilli temporairement pour travailler ces compétences avec une équipe pluridisciplinaire associant enseignants et professionnels médico-sociaux.

🔸L’objectif affiché est clair, éviter les ruptures de scolarité et renforcer l’autonomie des élèves.
Ce dispositif est donc officiellement reconnu comme un outil de l’école inclusive en France. Il est intégré au projet d’établissement et fait partie des politiques publiques liées à l’inclusion scolaire. Cependant, dans la réalité, son application soulève plusieurs limites importantes qu’il est essentiel de connaître.
Tout d’abord, le déploiement est très inégal sur le territoire. Selon les académies et les moyens disponibles, certains établissements disposent d’un véritable dispositif structuré, tandis que d’autres n’en ont pas du tout. Cela crée une forte inégalité entre les élèves selon leur lieu de scolarisation, alors même qu’ils ont les mêmes besoins.

🔸L'accès au dispositif dépend souvent de décisions locales (rectorat, ars, direction d’établissement), ce qui peut rendre son obtention difficile, même lorsque les besoins de l’élève sont clairement identifiés. Certains parents se retrouvent confrontés à un manque de places, à une absence de moyens humains ou à une méconnaissance du dispositif par les équipes scolaires. Autre point important, même si le dispositif est officiel, il n’est pas toujours perçu comme un droit individuel opposable pour chaque élève. Cela signifie qu’un enfant ne peut pas automatiquement exiger un dispositif d’autorégulation comme il pourrait demander certains aménagements notifiés par la mdph. Cela peut entraîner des refus ou des orientations alternatives moins adaptées.

🔸Il existe encore un manque de formation et de connaissance du dispositif dans certains établissements, ce qui limite son efficacité réelle sur le terrain. Dans certains cas, l’autorégulation est mal comprise, réduite à une simple (pause)ou à un espace de retrait, alors qu’elle devrait être un outil pédagogique structuré. L autorégulation est aujourd’hui un dispositif officiel de l’Éducation nationale, reconnu par l’État et inscrit dans la stratégie nationale tnds.  Mais son application reste inégale, dépendante des territoires, des moyens locaux et de la connaissance du dispositif par les équipes éducatives. Cela crée une situation paradoxale, un outil officiellement reconnu, mais encore partiellement accessible selon les élèves.

Gigi Tdah 😉 


 

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Accélérer les demandes Mdph pour nos enfants.

Publié le par Gigi Tdah

Accélérer les demandes Mdph pour nos enfants, les clés pour agir vite.

🔸Les dossiers Mdph pour les enfants en situation de handicap peuvent être longs, mais certains articles de loi obligent la Mdph à agir plus vite lorsque des droits fondamentaux sont menacés.

🔸D’abord, le Code de l’éducation garantit à chaque enfant un parcours adapté, l’article L. 112-2 impose une évaluation des besoins et des mesures pour assurer un parcours de formation adapté. L’article L. 112-1 prévoit que tout enfant handicapé a droit à une scolarité dans l’école la plus proche, avec aménagement si nécessaire. Et l’article L. 111-2 souligne que chaque enfant doit pouvoir bénéficier d’une formation qui concourt à son éducation.

🔸De leur côté, les articles du Code de l’action sociale, comme L. 114-1, L. 114-1-1 et L. 114-2, rappellent que toute personne handicapée a droit à la solidarité de la nation, à la compensation des conséquences de son handicap, et que les autorités doivent collaborer pour garantir cette autonomie.

🔸Ces articles confèrent aux Mdph une obligation de statuer rapidement quand les droits fondamentaux sont en jeu. En cas de retard, une mise en demeure, en s’appuyant sur ces obligations légales, permet de faire valoir ces droits, et la Mdph peut alors être amenée à traiter le dossier en priorité.

🔸En maîtrisant ces leviers, nous défendons mieux les droits de nos enfants, assurons-leur une scolarité adaptée, et garantissons que chaque besoin soit pris en compte dans les temps.

Gigi Tdah 😉 

 

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Tdah et traits Alexithymiques

Publié le par Gigi Tdah

Quand les émotions deviennent un langage étranger,  Tdah et traits Alexithymiques, ce que la neuroscience nous apprend vraiment.

 

🔸On décrit souvent le tdah comme un trouble de l'attention. Pourtant, depuis plusieurs années, les recherches montrent que l'une des dimensions les plus impactantes du tdah concerne en réalité les émotions. Non seulement les personnes  ressentent souvent leurs émotions plus intensément, mais certaines présentent également des difficultés importantes à identifier, comprendre et verbaliser ce qu'elles ressentent. Ces difficultés sont appelées traits alexithymiques.

🔸Ce sujet est encore peu connu du grand public et même de nombreux professionnels. Pourtant, il explique une réalité que beaucoup de personnes tdah décrivent depuis des années, avoir l'impression de vivre des émotions extrêmement fortes sans parvenir à comprendre précisément ce qui se passe à l'intérieur d'elles.

▪️L'alexithymie ne signifie pas être froid, insensible ou manquer d'empathie. C'est même souvent l'inverse. Les personnes présentant des traits alexithymiques ressentent généralement les émotions avec une intensité normale, voire supérieure à la moyenne, mais rencontrent des difficultés lorsqu'il s'agit de les identifier, les différencier et les traduire en mots. Le cerveau reçoit l'information émotionnelle, mais son décodage est plus complexe. Certaines personnes décrivent une sensation permanente de tension intérieure. Elles sentent que quelque chose ne va pas, mais sont incapables de déterminer s'il s'agit de tristesse, d'anxiété, de colère, de frustration, de honte, de déception ou d'épuisement. Tout semble se mélanger en une seule expérience émotionnelle confuse.

🔸Pour comprendre pourquoi cela peut se produire dans le tdah, il faut s'intéresser à la manière dont le cerveau traite les émotions. Une émotion n'est pas simplement un ressenti psychologique. C'est un processus neurologique extrêmement complexe impliquant plusieurs régions cérébrales qui doivent fonctionner ensemble de manière coordonnée. Lorsqu'un événement survient, l'amygdale analyse très rapidement sa signification émotionnelle. Cette structure agit comme un détecteur d'importance. Elle décide en quelques millisecondes si une situation mérite une réaction émotionnelle.

🔸Une fois l'émotion déclenchée, le cortex préfrontal doit prendre le relais. Son rôle est d'analyser ce qui se passe, de contextualiser l'émotion, de lui donner un sens et de déterminer la réponse la plus adaptée. Or plusieurs études montrent que dans le tdah, les connexions entre le cortex préfrontal et les régions émotionnelles profondes sont moins efficaces.

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4282137/

🔸Cette différence de fonctionnement crée un décalage particulier : l'émotion est ressentie rapidement, parfois très intensément, mais son analyse consciente arrive plus tard. Autrement dit, le cerveau émotionnel agit avant que le cerveau analytique ait eu le temps de comprendre ce qui se passe. C'est ce qui explique pourquoi certaines personnes tdah peuvent soudainement pleurer, s'énerver, se replier sur elles-mêmes ou ressentir une immense anxiété sans parvenir immédiatement à expliquer pourquoi.

▪️Le problème ne réside pas dans l'émotion.

▪️Le problème réside dans sa traduction.

🔸Les chercheurs s'intéressent également à un autre mécanisme, l'interoception. L'interoception correspond à la capacité du cerveau à percevoir les informations provenant du corps. Les émotions ne sont pas seulement mentales. Elles produisent des modifications physiques permanentes.

▪️Accélération du rythme cardiaque.

▪️Modification de la respiration.

▪️Tensions musculaires.

▪️Boule dans la gorge.

▪️Sensation de vide dans l'estomac.

▪️Oppression thoracique.

▪️Agitation interne.

Pour comprendre ce que l'on ressent, le cerveau doit être capable d'interpréter correctement ces signaux. Or certaines recherches suggèrent que les personnes présentant un tdah peuvent avoir davantage de difficultés à analyser ces informations corporelles.

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6056680/

🔸Lorsque le cerveau perçoit mal les signaux du corps, il devient beaucoup plus difficile d'identifier précisément l'émotion associée. Une anxiété peut alors être perçue comme de l'irritabilité. Une tristesse peut être interprétée comme de la fatigue. Une surcharge émotionnelle peut être vécue comme une perte totale de motivation. Une frustration peut se transformer en colère explosive sans que son origine réelle soit comprise. Ce phénomène est souvent à l'origine de nombreux malentendus. L'entourage voit la réaction émotionnelle. La personne tdah ressent la réaction émotionnelle. Mais personne ne comprend réellement ce qui l'a provoquée. La mémoire de travail joue également un rôle essentiel. Pour identifier une émotion, le cerveau doit simultanément conserver plusieurs informations : le contexte, les pensées présentes à ce moment-là, les sensations corporelles, les souvenirs associés et la réaction émotionnelle elle-même. Or la mémoire de travail constitue l'une des fonctions exécutives les plus fréquemment impactées dans le tdah.

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2894421/

🔸Cela signifie qu'au moment même où une émotion survient, certaines informations nécessaires à sa compréhension peuvent déjà être perdues ou difficiles d'accès. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes tdah disent comprendre leurs émotions plusieurs heures après une situation, parfois même plusieurs jours plus tard. Elles ne manquent pas de conscience émotionnelle. Leur cerveau a simplement besoin de davantage de temps pour reconstituer le puzzle. La dopamine intervient également dans ce phénomène. Bien connue pour son rôle dans la motivation, elle participe aussi au traitement de la saillance émotionnelle, c'est-à-dire à la capacité du cerveau à attribuer correctement une signification à une expérience.

🔸Dans le tdah, la régulation dopaminergique étant différente, certaines émotions peuvent être amplifiées tandis que d'autres passent relativement inaperçues. Cela contribue à cette impression fréquente de vivre certaines situations de manière excessivement intense tout en ayant du mal à comprendre exactement pourquoi. Les études montrent également que les traits alexithymiques sont associés à une augmentation du risque d'anxiété, de dépression, d'épuisement émotionnel et de difficultés relationnelles.

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7754989/

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7611693/

🔸Ce n'est pas surprenant. Lorsqu'une émotion n'est pas identifiée correctement, elle ne peut pas être régulée efficacement. Elle reste présente sous forme de stress diffus, de tension chronique ou de mal-être difficile à expliquer. C'est souvent ce qui pousse certaines personnes tdah à consulter en disant.

▪️(Je sais que quelque chose ne va pas, mais je suis incapable de dire quoi.) Et c'est précisément là que les traits alexithymiques prennent tout leur sens. Le paradoxe est fascinant,  beaucoup de personnes tdah ne ressentent pas moins d'émotions que les autres. Certaines en ressentent même davantage. Mais entre le moment où l'émotion apparaît et celui où elle devient compréhensible, il peut exister un véritable décalage neurologique. Ce mécanisme permet de changer radicalement le regard porté sur soi-même. Derrière ce sentiment d'être (trop sensible),(trop réactif)ou au contraire (incapable d'expliquer ce que l'on ressent) il n'y a ni faiblesse ni manque de volonté.

🔸Il y a simplement un cerveau qui ressent parfois plus vite qu'il ne comprend.

Gigi Tdah 😉 

 

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Quand le jeu muscle le cerveau

Publié le par Gigi Tdah

Quand le jeu muscle le cerveau, l'impact neuroscientifique d'une trilogie ludique.

 

🔸 On pense souvent que les jeux de cartes ne servent qu'à passer le temps, mais ils cachent de véritables outils de neuro-entraînement. Que ce soit pour accompagner un tdah, des troubles Dys, ou simplement comme astuce au quotidien pour continuer à travailler sa mémoire, la science montre que jouer modifie concrètement la plasticité cérébrale. ▪️À travers cette gamme de jeux Nathan (Blanche-Neige, Chrono Fouilles et Boucle d'Or), trois grands mécanismes cognitifs sont mis à l'honneur pour stimuler le cerveau de manière fluide et continue.

 L'efficacité de cette trilogie repose d'abord sur l'association visuelle et la flexibilité cognitive, une fonction exécutive qui permet au cerveau de passer d'une logique à une autre.

▪️Dans un jeu comme Blanche-Neige (orienté sur l'association et la concentration), le joueur doit constamment lier des éléments entre eux selon des critères logiques ou thématiques.

▪️Sur le plan neurologique, ce tri visuel rapide stimule le cortex préfrontal, la zone responsable de la planification et du contrôle de l'attention. Pour un tdah cet effort focalisé permet de canaliser l'attention en l'orientant vers une tâche précise.

🔸 Chez les profils Dys, l'absence de texte écrit transfère toute la charge cognitive sur le traitement des images, ce qui évite la fatigue liée à la lecture tout en renforçant les compétences visuo-spatiales.

▪️Le deuxième grand pilier réside dans la vitesse de traitement visuel et l'attention sélective, des compétences poussées au maximum.

 ▪️Le jeu Chrono Fouilles (fondé sur la rapidité et l'observation). Ici, les joueurs doivent scanner rapidement des cartes pour collecter des paires d'artéfacts ou des combinaisons à travers différentes époques historiques (Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge...).

▪️Scientifiquement, ce tri visuel ultra-rapide force le cerveau à ignorer les éléments perturbateurs (comme les cartes objet inutile) pour se concentrer uniquement sur l'information pertinente.

🔸 Cet exercice améliore la vitesse à laquelle le système nerveux traite une information visuelle, une compétence souvent ralentie dans certains troubles dys, tout en maintenant un niveau d'alerte optimal pour les personnes tdah. Le mécanisme de l'inhibition et de la mémoire de travail vient lier l'ensemble, notamment à travers un jeu comme Boucle d'Or (alliant rapidité et concentration). Pour gagner, il ne suffit pas d'être le plus rapide 😁, il faut savoir freiner son premier élan impulsif pour vérifier que les conditions de concentration et de logique sont respectées avant d'agir. La mémoire de travail, ce (tableau blanc ) de notre esprit qui stocke temporairement les données pour résoudre un problème immédiat, est sollicitée en permanence pour se souvenir des combinaisons valides.

🔸 Utiliser ces trois jeux régulièrement, même à l'âge adulte, constitue une excellente astuce continue pour entretenir ses capacités cérébrales et ralentir le vieillissement cognitif, le tout porté par la production de dopamine générée par le plaisir du jeu.

▪️Cette collection de jeux Nathan, adaptée pour tous de 4-5 ans jusqu'à 99 ans, est très facile d'accès. Vous pouvez la dénicher.

▪️Dans les espaces culturels et les rayons jouets des grandes surfaces, notamment chez E.Leclerc.

▪️Dans les boutiques spécialisées en jeux de société et les grandes enseignes de jouets (Oxybul, JouéClub).

▪️Sur les plateformes de commerce en ligne (Fnac, Amazon).

▪️Très souvent sur les sites de seconde main.

Petite idée pour l' été, 

Gigi Tdah 😉

 

Quand le jeu muscle le cerveau
Quand le jeu muscle le cerveau

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L'ÉCOLE INCLUSIVE EN INFRACTION, Quand les chiffres du handicap se heurtent à la rigueur de la Loi.

Publié le par Gigi Tdah

L'ÉCOLE INCLUSIVE EN INFRACTION, Quand les chiffres du handicap se heurtent à la rigueur de la Loi.

 

🔸 Derrière les grandes déclarations d’intention sur l'École inclusive, les conclusions de la deuxième édition de l'Enquête sur l'Accès aux Droits du Défenseur des droits, publiée en mai 2026, révèlent une réalité accablante. Pour les enfants en situation de handicap ou atteints de Troubles du Neurodéveloppement tels que le tdah, l'institution scolaire n’est plus seulement défaillante, elle se place en contradiction flagrante avec les textes de lois nationaux et internationaux qui régissent sa mission.  

▪️ Le handicap, premier vecteur de l'arbitraire scolaire

 L’enquête lève le voile sur l’ampleur systémique de ce traitement différentiel. 32 % des parents déclarent que leur enfant a subi des inégalités de traitement de la part de l’institution (qu'il s'agisse de la notation, des sanctions, de l’orientation ou de la parole des enseignants).  

🔸 Lorsqu'on cherche à comprendre l'origine de ces injustices, le verdict des familles est net.

▪️Le premier motif de discrimination identifié est, de très loin, l’état de santé ou la situation de handicap, cité par 32 % de ces parents.  

Ce sentiment ne relève pas d'une simple intuition.

▪️19 % des parents affirment qu'il est (certain ) que le handicap a motivé ce traitement inégalitaire.  

▪️Le point de rupture le plus critique concerne l'orientation scolaire, où 42 % des parents constatant des inégalités dénoncent un biais lié au handicap de leur enfant. 

🔸La discrimination institutionnelle nourrit directement la violence entre pairs, 57 % des enfants discriminés par l'école subissent en parallèle du harcèlement de la part de leurs camarades. Le comportement d'exclusion des adultes valide et amplifie ainsi les violences quotidiennes subies par les élèves aux besoins spécifiques.  

🔸 Le miroir des lois.

🔸Ce que fait l'institution VS ce que la Loi lui impose

face à ces pratiques de tri, d'orientation subie et de stigmatisation, un arsenal juridique contraignant est violé au quotidien.

🔸 L'analyse des textes de loi crée un contraste saisissant avec les données de cette enquête.

🔸1. L'obligation absolue d'orientation en milieu ordinaire.Ce que subissent les élèves, L'ead et les rapports de la Cour des comptes dénoncent des cloisonnements persistants avec le secteur médico-social et une surreprésentation injustifiée des élèves en situation de handicap dans les filières professionnelles.  

▪️Ce que dit la loi.

▪️L'article L. 111-1 du Code de l'éducation dispose que (le service public de l'éducation assure une formation scolaire obligatoire (...) aux enfants en situation de handicap ) et consacre le principe de l'école inclusive.

▪️Plus précisément, l'article L. 112-1 affirme que tout enfant en situation de handicap a le droit d'être inscrit dans l'école la plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence. ▪️L'orientation forcée ou par défaut, motivée par le manque de moyens ou le trouble de l'élève, contredit directement ce droit à la scolarisation ordinaire.

🔸2. La notation et la discipline comme outils de sanction du comportement.

▪️ 19 % des parents rapportent des inégalités dans les sanctions et 18 % dans la notation, impactant lourdement les élèves avec un tdah dont les manifestations comportementales (impulsivité, agitation) influencent négativement l’évaluation des enseignants.  

▪️Ce que dit la Loi. 

▪️Le droit français et les conventions internationales sont pourtant clairs.

🔸 Interdiction de la double peine.

▪️ La notation doit évaluer exclusivement le travail académique et les compétences, et ne peut en aucun cas servir de sanction disciplinaire.

▪️Une note baissée en raison du comportement ou de l'agitation d'un élève (fréquente chez les profils Tnd/Tdah) est un acte illégal.

▪️La Convention Internationale des Droits de l'Enfant (Cide). Ratifiée par la France, elle stipule dans son article 28 que l'État doit prendre toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit administrée d'une manière compatible avec la dignité humaine de l'enfant.  

🔸3. La rupture de l'égalité des chances et la non-discrimination.

Ce que subissent les élèves. Les brimades verbales (23 % des parents témoignent que les enseignants parlent différemment à leur enfant en raison de son trouble) et l'absence d'aménagements adéquats.  

▪️Ce que dit la Loi. 

▪️Loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances. Ce texte fondateur impose la mise en place de compensations et d'aménagements raisonnables (tels que le Projet Personnalisé de Scolarisation - Pps, ou le Plan d'Accompagnement Personnalisé - Pap). 

▪️Refuser ou négliger d'appliquer ces aménagements en classe constitue une rupture de l'égalité d'accès à l'instruction.

▪️Le Code Pénal (Article 225-1), Il définit explicitement la discrimination comme toute distinction opérée entre les personnes physiques en raison de leur état de santé ou de leur handicap. ▪️Lorsqu'un enseignant ou une décision d'orientation pénalise sciemment un élève sur ces seuls critères, l'acte sort du cadre pédagogique pour entrer dans le champ de l'infraction pénale.  

🔸En refusant de s'adapter aux Troubles du Neurodéveloppement et en utilisant l'orientation comme un outil d'éviction, l'appareil scolaire ne commet pas seulement une faute morale, il commet une entorse systématique à ses propres fondements juridiques. L'inclusion ne pourra devenir une réalité que lorsque l'institution respectera enfin les lois qu'elle est chargée d'enseigner. 

Gigi Tdah 😉

 

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Une étude qui parle de harcèlement… mais qui fabrique en partie son propre phénomène.

Publié le par Gigi Tdah

Une étude qui parle de harcèlement… mais qui fabrique en partie son propre phénomène.

 

🔸En entrant plus profondément dans le document, ce qui ressort n’est pas simplement une série de limites isolées, mais une structure globale d’incohérences qui se renforcent entre elles. L’étude donne l’impression d’être rigoureuse, mais en réalité elle repose sur un empilement de choix méthodologiques qui finissent par produire une vision déformée du harcèlement, en particulier chez les enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux.

🔸D’abord, le problème central est que l’étude prétend analyser le harcèlement tout en reconnaissant explicitement qu’elle ne respecte pas les critères scientifiques permettant de le définir. Elle indique clairement que ses indicateurs (ne répondent pas rigoureusement aux critères retenus pour définir ce phénomène ). Autrement dit, elle travaille sur un objet qu’elle ne mesure pas réellement. À partir de là, tout le reste devient fragile, on ne sait plus si on observe du harcèlement, de simples conflits entre enfants, ou des comportements isolés sortis de leur contexte. Cette confusion est aggravée par le fait que la classification repose uniquement sur deux items très généraux.

▪️(est harcelé / se bagarre ), avec un seuil extrêmement bas (un peu vrai).

🔸Cela signifie qu’un enfant peut être classé comme victime ou agresseur sans qu’il y ait répétition, intention ou déséquilibre de pouvoir, pourtant essentiels dans la définition du harcèlement. Ce flou conceptuel produit mécaniquement une inflation des chiffres. L’étude annonce plus de 16 % de victimes et près de 18 % d’enfants agressifs, alors que d’autres données citées dans le même document situent le harcèlement réel autour de 5 %. Cette contradiction interne n’est jamais réellement discutée. Elle révèle pourtant un point clé, ce n’est pas forcément le phénomène qui est massif, c’est sa définition qui est élargie. On passe ainsi d’une mesure du harcèlement à une mesure de (situations problématiques), sans que ce changement soit clairement assumé dans l’interprétation finale.

🔸L’étude repose sur une pluralité de sources (parents, enseignants, enfants), ce qui pourrait être une force… mais devient ici une faiblesse. Les résultats montrent des divergences systématiques entre les adultes, les enseignants sous-déclarent certaines situations de victimation, tandis que les parents sous-estiment les comportements agressifs ▪️Plutôt que de traiter ces écarts comme un objet d’analyse (qui perçoit quoi, et pourquoi), ils sont simplement agrégés. Cela revient à produire une (moyenne) de perceptions subjectives, comme si elle représentait une réalité objective. En réalité, cela introduit un biais majeur, on ne mesure pas les faits, mais des interprétations sociales des comportements d’enfants.

🔸C’est précisément à ce niveau que la question des TND devient centrale. L’étude met en évidence de manière très nette que les enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux (troubles des apprentissages, TDAH, troubles du langage, etc.) sont surreprésentés dans les profils de victimes et/ou d’agresseurs. Elle montre également qu’une proportion très importante d’enfants cumulant victimation et agressivité présente au moins un trouble de santé mentale (jusqu’à 40,9 %). Mais là encore, une incohérence majeure apparaît, alors que les associations sont fortes, l’étude refuse toute interprétation causale et reste extrêmement prudente dans ses conclusions.

🔸Ce positionnement crée une ambiguïté problématique. D’un côté, les données suggèrent fortement que les enfants avec TND sont plus exposés au harcèlement ou aux dynamiques conflictuelles. De l’autre, l’étude ne distingue jamais clairement les mécanismes en jeu. Or, plusieurs hypothèses possibles ne sont pas explorées, ces enfants sont-ils plus ciblés à cause de leurs différences ? Leurs comportements sont-ils plus souvent perçus comme problématiques par les adultes ? Réagissent-ils de manière plus visible à des situations de stress ou d’exclusion ? Sans cette analyse, le risque est de produire une lecture implicite où le trouble est associé au problème, plutôt que de questionner l’environnement social qui entoure l’enfant.

🔸Cette absence de distinction se retrouve aussi dans la confusion constante entre cause et conséquence. L’étude montre par exemple que les enfants victimes peuvent développer des comportements agressifs, parfois comme stratégie de défense. Pourtant, elle continue de classer les enfants dans des catégories fixes (victime, agresseur, les deux), sans réellement intégrer la dynamique évolutive des situations. Cela fige des trajectoires qui sont en réalité fluides et contextuelles. Un enfant peut passer d’un rôle à un autre selon les situations, les groupes ou les périodes, mais cette complexité est réduite à des profils statistiques.

🔸Un autre point révélateur est la question de l’environnement scolaire. L’étude mobilise un grand nombre de variables liées aux établissements, aux contextes sociaux ou aux territoires. Elle montre par exemple des différences selon le niveau de défavorisation sociale. Mais au final, elle conclut à une absence de variabilité réelle entre établissements (Tau² = 0). Cette conclusion contredit en partie l’importance accordée au contexte scolaire dans l’introduction. Autrement dit, l’environnement est théoriquement central… mais empiriquement peu explicatif dans leurs résultats. Cela renforce l’idée que ce sont surtout les variables individuelles (dont les Tnds) qui (ressortent), ce qui peut biaiser l’interprétation globale vers une responsabilisation implicite des enfants plutôt que des systèmes.

🔸Il y a une tension permanente entre la sophistication statistique et la fragilité conceptuelle. L’étude utilise des modèles complexes, des ajustements, des pondérations, ce qui donne une impression de robustesse scientifique. Mais ces outils sont appliqués à des variables construites sur des bases discutables (définition du harcèlement, mesures subjectives, catégories floues). En d’autres termes, la précision mathématique masque une incertitude sur ce qui est réellement mesuré.

🔸Au final, cette étude ne doit pas être rejetée, elle apporte des informations importantes, mais elle doit être lue avec un regard critique. Son principal apport n’est peut-être pas de mesurer le harcèlement, mais de montrer quels enfants sont perçus comme en difficulté dans les interactions sociales à l’école. Et dans cette lecture, les enfants avec tnd apparaissent clairement comme une population vulnérable. Cependant, faute d’analyse fine des mécanismes sociaux, le risque est de transformer une vulnérabilité contextuelle en caractéristique individuelle, ce qui peut orienter les politiques publiques et les pratiques éducatives dans une direction réductrice.

Gigi Tdah 😉

 

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