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Le paradoxe de l'inertie descendante.

Publié le par Gigi Tdah

Le paradoxe de l'inertie descendante, quand le Tdah au féminin sabote ses propres élans.

 

🔸 On imagine souvent le Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (tdah) sous les traits d'un enfant turbulent. Pourtant, la recherche clinique contemporaine bouscule ce stéréotype, chez la femme, le tdah est un tumulte presque exclusivement intérieur. Longtemps sous-diagnostiquées en raison d'une forte propension au camouflage social (masking), les femmes neuro atypiques vivent ce trouble à travers un prisme unique où l'épuisement mental se mêle à un phénomène cognitif violent, l'inertie descendante face à l'hyperfocus, ou l'incapacité paradoxale de convertir une immense passion en action.

🔸 Avez-vous déjà ressenti ce blocage vertigineux ❓. Avoir une idée vibrante, éprouver un élan viscéral pour un nouveau projet créatif ou intellectuel, et se retrouver pourtant incapable d'amorcer le premier geste, le regard figé, submergée par une fatigue soudaine.

▪️Ce n'est ni de la paresse, ni un manque de volonté. ▪️C'est un dysfonctionnement neurobiologique précis de la régulation de l'action.

🔸 Pour comprendre ce mécanisme, il faut plonger dans la chimie cérébrale. Les modèles neuro scientifiques, détaillés dans des revues de référence comme la synthèse sur la Neurobiologie du tdah, démontrent que le cerveau présente des altérations structurelles et fonctionnelles dans les circuits du cortex préfrontal. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2894421/). ▪️Cette région est le chef d'orchestre de nos fonctions exécutives, elle planifie, filtre les distractions et hiérarchise les tâches. Pour fonctionner de manière optimale, ce cortex dépend d'une fine régulation de deux neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline, qui suivent une courbe en "U" inversée.

🔸Chez une femme présentant un tdah, la transmission de la dopamine est naturellement sous-optimale. Face à un sujet qui la passionne, le cerveau sécrète un pic soudain de dopamine pour compenser, déclenchant l'hyperfocus. Cependant, le cortex préfrontal en déficit ne parvient pas à traiter ce flux massif d'informations. Face à une profusion d'idées enthousiasmantes, le cerveau devient incapable de fragmenter le projet en étapes linéaires. Pour lui, tout est prioritaire, tout est immédiat, tout est immense. Ce (bug) de la connectivité préfrontale s'apparente à un embouteillage synaptique, la surcharge cognitive s'avère si intense que le système exécutif disjoncte et choisit la seule option de survie immédiate,la mise en veille psychomotrice.

🔸 À ce blocage s'ajoute une dimension psychologique et hormonale lourde. Comme le met en lumière une étude clinique publiée sur l'Évaluation du tdah et des dysfonctions émotionnelles chez l'adulte. https://www.researchgate.net/publication/398536676_A_controlled_study_of_emotional_dysfunction_in_adult_women_with_ADHD).

🔸 Les femmes tdah souffrent de déficits marqués en matière de mémoire de travail et de flexibilité cognitive (task shifting), deux piliers qui prédisposent à une forte dysrégulation émotionnelle. Pour ces femmes, la passion n'est jamais tiède, elle est absolue. Cette intensité engendre, souvent inconsciemment, une anxiété de performance majeure induite par des années de sur-compensation sociale.

Cette charge cognitive liée au camouflage des symptômes consomme une énergie monumentale au quotidien, comme le documentent les recherches longitudinales sur le parcours de vie et l'impact du genre dans le tdah. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3636763/ 🔸 Dès lors, lorsque la passion surgit, la peur d'échouer, de s'éparpiller ou de voir l'intérêt s'effondrer aussi vite qu'il est apparu agit comme un frein à main biologique. Le cerveau, déjà épuisé par son travail de (masquage), préfère bloquer l'action plutôt que de risquer la surcharge émotionnelle d'un échec perçu.

🔸 Reconnaître ce phénomène permet de s'extraire de la culpabilité🧡.

🔸 Ce blocage n'est pas un défaut de caractère, mais la signature d'un système nerveux hautement réactif qui l'asphyxie sous le poids de sa propre intensité🧡🔸En court-circuitant le cortex préfrontal par des micro-actions simplifiées à l'extrême (écrire un seul mot, sortir un seul outil) et en éliminant l'exigence de perfection, on redonne de l'air aux circuits dopaminergiques, permettant enfin à la passion de s'exprimer, un petit pas à la fois.

Gigi Tdah 😉

 

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