Aesh, l’école inclusive est une priorité politique, mais pourquoi sacrifier ceux qui la font vivre ?
Aesh, l’école inclusive est une priorité politique, mais pourquoi sacrifier ceux qui la font vivre ?.
🔸Le constat est sans appel et l'alerte est lancée avec une avance inquiétante. Alors que nous ne sommes qu'en juillet 2026, le dernier guide du Snalc, déjà daté de septembre 2026, dresse un état des lieux préoccupant, l'école inclusive est devenue le pilier de notre système éducatif, mais elle repose sur les épaules de 135 000 personnels plongés dans une précarité structurelle devenue insupportable.
🔸L'incohérence est d'abord statutaire. Bien que les Aesh occupent des fonctions permanentes, indispensables au bon fonctionnement des établissements, ils restent maintenus dans un statut de contractuels de droit public. Le Snalc dénonce une gestion qui empêche toute réelle perspective de carrière, là où un statut de fonctionnaire de catégorie B serait la seule réponse logique. Cette fragilité est accentuée par une politique de ( temps incomplets) subis, qui contraint de nombreux agents à survivre avec des revenus proches du seuil de pauvreté malgré une charge de travail et un investissement émotionnel immenses.
🔸L'organisation du terrain, elle aussi, semble déconnectée des besoins des élèves. La multiplication des structures comme les Pial et bientôt les Pas, favorise une gestion comptable au détriment de l'accompagnement humain. Concrètement, cela se traduit par un (nomadisme) imposé, des Aesh morcelés entre plusieurs élèves et établissements, ce qui brise la continuité pédagogique et fragilise le lien indispensable avec l'enfant. Cette gestion (flux tendu) transforme le quotidien des agents en une lutte constante pour maintenir la qualité de leur mission.
🔸 Le résultat de ce système n'est plus à démontrer, c’est l’épuisement professionnel. Le guide le souligne, le point de rupture est atteint, marqué par une vague alarmante de démissions, de ruptures conventionnelles et d'arrêts maladie. Ce ne sont pas des cas isolés, mais le symptôme d'un contrat moral brisé entre l'État et ses agents. En anticipant ainsi la rentrée 2026, ce guide agit comme un signal d'alarme, on ne peut pas indéfiniment construire l'inclusion scolaire au prix du sacrifice de ses acteurs.
▪️Il est urgent de passer de la rhétorique politique à une véritable reconnaissance, un statut digne, une formation ambitieuse et une rémunération à la hauteur de l'engagement quotidien des Aesh. Parce qu'une école vraiment inclusive ne peut pas se permettre de laisser ceux qui l'incarnent au bord du chemin.
Gigi Tdah 😉
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