Tdah et cycle menstruel
TDAH ET CYCLE MENSTRUEL, COMMENT LES VARIATIONS HORMONALES MODULENT L’ATTENTION ET LES SYMPTÔME.
Le tdah chez les personnes menstruées est aujourd’hui de mieux en mieux étudié sous l’angle des fluctuations hormonales. Les recherches scientifiques récentes ne montrent pas que le cycle menstruel cause le tdah, mais elles indiquent clairement qu’il peut moduler l’intensité des symptômes attentionnels, émotionnels et exécutifs au fil du mois, via les variations d’œstrogènes et de progestérone.
Plusieurs études en neuroendocrinologie cognitive montrent que les œstrogènes influencent directement les systèmes dopaminergiques impliqués dans l’attention et la régulation des fonctions exécutives. Une baisse des œstrogènes, notamment en phase prémenstruelle ou en début de cycle, est associée à une augmentation des symptômes d’inattention et d’impulsivité chez certaines personnes avec tdah.
Une étude clé de Roberts, Eisenlohr-Moul et Martel (2018, Psychoneuroendocrinology) montre que les variations d’hormones reproductives sont corrélées à une fluctuation quotidienne des symptômes du tdah , particulièrement chez les personnes avec un fort trait d impulsivitée.
https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2017.11.015
Dans le même sens, une revue récente publiée dans le Journal of Clinical Medicine (2025) souligne que de nombreuses études retrouvent une variation des performances cognitives (attention, mémoire de travail, inhibition) selon les phases du cycle menstruel chez les personnes avec et sans tdah, avec une tendance à une plus grande vulnérabilité lors des périodes de chute hormonale.
D’autres travaux en neurosciences confirment que les fluctuations d’estradiol et de progestérone modifient l’activité de circuits fronto-striataux impliqués dans le contrôle attentionnel et la régulation émotionnelle. Ces variations peuvent expliquer pourquoi certaines femmes rapportent une aggravation des symptômes de tdah avant les règles, tandis que d’autres observent peu ou pas de changement.
https://www.nature.com/articles/s41386-019-0435-3
Des modèles théoriques récents proposent que les femmes avec tdah présentent une sensibilité accrue aux variations hormonales, avec un effet dit de (double vulnérabilité), une base neurodéveloppementale du TDAH combinée à des fluctuations hormonales qui modulent la dopamine et la régulation cognitive au cours du cycle.
https://doi.org/10.1016/j.yhbeh.2023.105466
La littérature scientifique converge vers un constat clair, le cycle menstruel n’est pas un facteur causal du tdah, mais il agit comme un modulateur biologique pouvant amplifier ou atténuer les symptômes selon les phases hormonales. Cette variabilité souligne l’importance de mieux intégrer la dimension hormonale dans la compréhension clinique et quotidienne du tdah chez les personnes menstruées
Gigi Tdah 😉
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