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Tdah et sexualité

Publié le par Gigi Tdah et OumSoum Soum

Tdah et sexualité, entre hyperstimulation dopaminergique et épuisement du désir.

Le tdah est un trouble qui impacte non seulement l’attention et l’impulsivité, mais aussi la sexualité, de manière complexe, hétérogène et encore sous-étudiée. Les données scientifiques actuelles montrent que la sexualité dans le tdah peut être à la fois augmentée (hypersexualité) ou au contraire diminuée voire épuisée(baisse du désir, fatigue sexuelle, désengagement).

Sur le plan neurobiologique, le tdah est associé à une dysrégulation des systèmes dopaminergiques impliqués dans le circuit de la récompense. Or, la dopamine joue un rôle central dans le désir sexuel, la motivation et la recherche de stimulation. Dans ce contexte, certaines personnes vont développer une recherche accrue de stimulation sexuelle pour compenser un sous-niveau de récompense interne, ce qui peut se traduire par une augmentation du désir, une recherche de nouveauté ou des comportements sexuels plus fréquents.

Plusieurs études empiriques confirment cette tendance. Une étude rapportent davantage de fantasmes et comportements hypersexuels comparés aux groupes contrôles. (https://www.cambridge.org/core/journals/european-psychiatry/article/sexuality-in-adhd-empirical-data-concerning-hypersexual-and-paraphilic-fantasies-and-behaviors-in-adults-with-adhd/828EB32330BA0F240CDD49C4B6763374).

De même, une étude dans Frontiers in Psychiatry indique que les individus avec tdah présentent significativement plus de comportements hypersexuels, notamment en lien avec l’impulsivité et la dysrégulation émotionnelle. (https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9148957/).

Réduire la sexualité du tdah à une hypersexualité serait une simplification. La littérature montre aussi l’inverse, une sexualité parfois épuisée ou instable, dans The Journal of Sexual Medicine indique que les personnes avec tdah rapportent à la fois plus de désir, mais aussi moins de satisfaction sexuelle et davantage de dysfonctions sexuelles. (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1743609520301867).

Ce phénomène s’explique par plusieurs mécanismes complémentaires. Les troubles attentionnels peuvent altérer l’expérience sexuelle elle-même (distractibilité, difficulté à maintenir l’excitation). La dysrégulation émotionnelle entraîne des pics d’intensité suivis d’une fatigue émotionnelle et physiologique, contribuant à une impression d’épuisement sexuel. Par ailleurs, les comorbidités fréquentes (anxiété, dépression) ainsi que certains traitements peuvent moduler négativement le désir. (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16813803/).

Une revue de Bijlenga et al. (2018) souligne la forte variabilité de la sexualité, allant de l’hypersexualité à des troubles du désir (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29546862/).

Les travaux plus récents suggèrent que les symptômes d’inattention sont particulièrement associés à une insatisfaction sexuelle, indépendamment de l’impulsivité. (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32430478/).

Un modèle en double profil. Une sexualité orientée vers la recherche de stimulation, l’impulsivité et parfois l’hypersexualité Une sexualité marquée par la fatigue, la baisse de désir, la distraction et une insatisfaction globale Ces deux dimensions peuvent coexister chez une même personne selon les périodes, le contexte émotionnel ou relationnel.

Gigi Tdah 😉

 

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