Tdah et Quviviq
Le Quviviq (daridorexant), est un antagoniste double des récepteurs de l’orexine (OX1R et OX2R), représentant une innovation majeure dans la pharmacologie du sommeil et ouvrant des perspectives dans la compréhension du tdah.
Contrairement aux hypnotiques GABAergiques classiques, il agit en inhibant spécifiquement le système orexinergique, un réseau neuronal central impliqué dans le maintien de l’éveil et l’activation des systèmes monoaminergiques (dopamine, noradrénaline, sérotonine). Cette modulation permet une induction du sommeil plus physiologique, sans altération majeure de l’architecture du sommeil ni sédation résiduelle importante.
Le rôle central de l’orexine dans la régulation de l’éveil est bien documenté. Ce système projette vers de multiples régions cérébrales impliquées dans la vigilance, la motivation et le contrôle exécutif. En condition physiologique, l’activité orexinergique augmente durant la journée et diminue la nuit. Une hyperactivité de ce système est associée à un état d’hyper-éveil chronique, caractéristique des troubles de l’insomnie.
Les essais cliniques de phase 3 ont montré que le daridorexant améliore significativement la latence d’endormissement et le maintien du sommeil, avec un profil de tolérance favorable et peu d’effets résiduels diurnes.
Dans le contexte du tdah, un nombre croissant de travaux suggère que le trouble ne se limite pas à un déficit attentionnel isolé, mais correspond à une dysrégulation globale des états d’éveil et des réseaux neuronaux. Des études en neuroimagerie et en électrophysiologie montrent des altérations des réseaux oscillatoires et de la régulation attentionnelle, avec une variabilité accrue de l’activation cérébrale et une instabilité des états cognitifs.
Cette instabilité pourrait être liée à une mauvaise régulation des systèmes d’éveil, dans lesquels l’orexine joue un rôle pivot. C’est dans ce cadre que le daridorexant suscite un intérêt croissant. Bien qu’il ne soit pas un traitement du tdah à proprement parler, plusieurs études en cours explorent ses effets sur les fonctions cognitives et émotionnelles.
Par ailleurs, des protocoles récents investiguent l’utilisation du daridorexant dans des populations présentant des troubles neuropsychiatriques plus larges. Par exemple, l’essai Daridorexant for Alzheimer's disease prevention, explore l’effet du médicament sur la cognition, l’inflammation cérébrale et la clairance des protéines neurotoxiques.
Les auteurs suggèrent que l’amélioration du sommeil via le système orexinergique pourrait avoir des effets indirects sur les fonctions cognitives globales. Ce type d’approche renforce l’idée que le daridorexant agit sur un mécanisme transversal, impliqué dans plusieurs pathologies neuropsychiatriques.
Sur le plan mécanistique, une hypothèse intégrative peut être proposée, une hyperactivation du système orexinergique entraînerait un état d’hyper-éveil chronique, perturbant le sommeil et induisant une fatigue cognitive. Cette fatigue, combinée à une dysrégulation dopaminergique, contribuerait aux symptômes du tdah. En bloquant les récepteurs de l’orexine, le daridorexant pourrait restaurer une dynamique veille-sommeil plus stable, réduisant l’hyper-éveil nocturne et améliorant indirectement les performances attentionnelles diurnes.
Ce modèle est cohérent avec les données pharmacologiques montrant que le daridorexant agit en réduisant les signaux d’éveil plutôt qu’en induisant une sédation globale.
Mais, il est essentiel de souligner que les preuves actuelles restent indirectes. Aucune étude à ce jour ne démontre de manière formelle une efficacité du daridorexant sur les symptômes centraux du tdah. Les données disponibles concernent principalement l’insomnie et les fonctions cognitives générales.
Néanmoins, les essais en cours, notamment ceux explorant les effets sur la cognition et les troubles neurodéveloppementaux, pourraient permettre de mieux comprendre le rôle du système orexinergique dans la physiopathologie du tdah et d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Pour finir, , le daridorexant illustre un changement de paradigme, au lieu de cibler directement les neurotransmetteurs impliqués dans l’attention, comme le font les psychostimulants, il agit sur la régulation fondamentale de l’éveil. Cette approche pourrait s’avérer particulièrement pertinente dans le tdah, où la dysrégulation des états d’éveil constitue un élément central mais souvent sous-estimé.
Gigi Tdah 😉
https://www.psychiatrywiki.org/daridorexant.php?utm_
https://www.isrctn.com/ISRCTN63918057?utm_
https://ctv.veeva.com/study/dual-orexin-antagonism-and-emotion-and-affective-processing-study?utm_
https://www.japantechnologyjournal.com/article/746011108-nxera-pharma-receives-approval-of-quviviq-daridorexant-25-and-50-mg-in-japan-for-the-treatment-of-insomnia?utm_
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