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Xurta

Publié le par Gigi Tdah et OumSoum Soum

Xurta (Lisdexamphétamine) Tdah, un décryptage scientifique et réglementaire.

 

Le 8 octobre 2025, la (has) a rendu un avis favorable au remboursement de xurta (lisdexamphétamine), un médicament psychostimulant indiqué dans la prise en charge du trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (tdah) chez les enfants de 6 ans et plus ainsi que chez les adultes, en cas d’échec ou d’intolérance au méthylphénidate.

🔸️ Bien que cet avis semble, à première vue, une avancée thérapeutique, une analyse minutieuse du document révèle une série d’anomalies scientifiques, méthodologiques, réglementaires et rédactionnelles qui remettent en cause sa rigueur et sa cohérence. Ces lacunes soulèvent des questions sur la fiabilité des conclusions et sur les risques potentiels pour les patients. Voici une exploration détaillée de ces problèmes, expliqués de manière claire et accessible.

🔸️Les données d’éfficacité sont trop limitées pour justifier un positionnement en 2ème Intention.

L’un des premiers problèmes majeurs de cet avis réside dans la faiblesse des preuves scientifiques sur lesquelles il s’appuie. Les études cliniques fournies par le laboratoire hac pharma pour étayer l’efficacité de xurta sont exclusivement à court terme, avec une durée maximale de 9 semaines pour les enfants et 10 semaines pour les adultes.

🔸️Or, le tdah est un trouble chronique qui nécessite un traitement prolongé, parfois sur plusieurs années. L’absence de données sur l’efficacité et la tolérance au-delà de quelques semaines rend impossible une évaluation complète des bénéfices à long terme du médicament. Comment peut-on recommander un traitement pour une pathologie chronique sans savoir s’il reste efficace ou sûr après plusieurs mois, voire plusieurs années ?.

🔸️Les études présentées excluent systématiquement les patients présentant des comorbidités psychiatriques (comme les troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires). Pourtant, la littérature scientifique montre que 50 à 85 % des adultes atteints de tdah souffrent d’au moins une comorbidité psychiatrique. Cette exclusion massive fausse complètement les résultats, les patients inclus dans les essais cliniques ne sont pas représentatifs de la population réelle qui utilisera le médicament.

🔸️Les conclusions tirées de ces études ne peuvent pas être généralisées à l’ensemble des patients tdah, ce qui pose un risque réel de sous-estimation des effets indésirables ou de surestimation de l’efficacité. Un autre point troublant concerne les critères d’évaluation utilisés. Dans l’étude comparative entre la lisdexamphétamine et l’atomoxétine (Dittmann et al., 2013), le critère principal était le délai de réponse clinique, mesuré par le score CGI-I (Clinical Global Impression-Improvement).

🔸️Or, le cgi-1est un outil non spécifique au tdah, qui évalue de manière globale l’amélioration du patient sans se concentrer sur les symptômes propres au trouble. La has elle-même reconnaît que la pertinence clinique de ce critère est discutable. Utiliser un tel outil comme critère principal pour évaluer l’efficacité d’un traitement contre le tdah revient à mesurer l’impact d’un médicament contre l’hypertension en se basant uniquement sur le bien-être général du patient, sans tenir compte de sa tension artérielle. C’est scientifiquement peu rigoureux. Et c’est peut-être le plus préoccupant, aucune étude ne démontre une supériorité claire de la lisdexamphétamine par rapport au méthylphénidate, qui reste le traitement de référence du tdah.

🔸️Dans l’étude de newcorn et al. (2017), qui comparait la lisdexamphétamine au méthylphénidate à libération prolongée chez des adolescents, aucune différence significative n’a été observée sur le score adhd-rs (l’échelle de référence pour évaluer les symptômes du tdah) après 8 semaines de traitement lorsque la lisdexamphétamine était administrée à dose optimisée. Pourtant, le médicament est positionné comme une alternative en cas d’échec du méthylphénidate. Cette contradiction est incompréhensible, comment justifier l’utilisation d’un médicament en 2ème intention si on ne prouve pas qu’il est meilleur que le traitement de première intention ?

🔸️L’avis de la has contient des contradictions internes qui rendent ses recommandations peu crédibles. La plus flagrante concerne l’évaluation du service médical rendu (smr) et de l’amélioration du service médical rendu (asmr). Le smr est évalué comme modéré. Cela signifie que le médicament apporte un bénéfice certain, mais limité, dans la prise en charge du tdah. Pourtant, l asmr est classée 5, c’est-à-dire aucune amélioration par rapport aux traitements déjà disponibles (comme le méthylphénidate).

🔸️Or, par définition, un smr modéré implique que le médicament a une utilité clinique, tandis qu’un asmr 5 signifie qu’il n’apporte rien de plus que ce qui existe déjà. Comment un médicament peut-il être à la fois utile (smr modéré) et ne pas améliorer la prise en charge (asmr 5) ?.Cette incohérence suggère que les critères d’évaluation n’ont pas été appliqués de manière cohérente.Malgré ce doute sur l’amélioration réelle, la has propose un taux de remboursement de 30 %. Traditionnellement, en france, un asmr 5 justifie un remboursement minimal (15 %), voire un refus de remboursement. Un taux de 30 % est généralement réservé aux médicaments apportant une amélioration modérée (asmr 3 ou 4).

🔸️Le statut même de xurta pose problème. Le document précise que xurta est un (eurogénérique) de elvanse, un autre médicament à base de lisdexamphétamine. Or, elvanse n’a jamais obtenu d’Autorisation de mise sur le marché (amm) en France, il n’est disponible que dans le cadre d’une autorisation d’accès compassionnel (aac), c’est-à-dire pour des cas très spécifiques où aucun autre traitement n’est disponible. Un générique ne peut exister que si le produit de référence a une amm valide. Ici, ce n’est pas le cas. Cette anomalie réglementaire soulève des questions sur la légitimité même de l’amm de xurta, obtenue par reconnaissance mutuelle en janvier 2025 sans évaluation nationale approfondie.

🔸️Les conditions de prescription. La has rappelle que la lisdexamphétamine est un stupéfiant, avec un potentiel élevé de détournement et d’abus. Pourtant, les règles de prescription sont étonnamment souples. La prescription initiale annuelle est réservée aux spécialistes (neurologues, psychiatres, pédiatres).

Mais les renouvellements intermédiaires (tous les 28 jours) peuvent être faits par tout médecin, y compris les généralistes. C’est incohérent. Si le risque de détournement est si élevé, pourquoi permettre à des médecins non spécialisés de renouveler l’ordonnance ?.

🔸️Le plan de gestion des risques (pgr) lui-même admet des lacunes majeures.

🔹️Aucune donnée sur la sécurité chez la femme enceinte ou allaitante.

🔹️Aucune donnée chez les personnes âgées.

🔹️Aucune donnée sur la sécurité à long terme, notamment concernant les risques cardiovasculaires et cérébrovasculaires.

🔹️Aucune étude sur les effets sur la fertilité.

🔸️Des problèmes de rédaction et de structure qui nuisent à la clarté

Au-delà des problèmes scientifiques et réglementaires, le document souffre de défauts de forme qui nuisent à sa lisibilité et à sa crédibilité

🔹️Répétitions inutiles. Les conditions de prescription (prescription initiale annuelle réservée aux spécialistes, renouvellements possibles par tout médecin, etc.) sont répétées à cinq reprises dans le document (pages 1, 5, 34, 35 et 43). Cela donne l’impression d’un manque de relecture et d’une rédaction hâtive.

🔹️Incohérences terminologiques.Le terme (staturo-pondéral) est parfois écrit avec un trait d’union, parfois sans. De même, "méthylphénidate" est parfois précisé comme méthylphénidate lp (à libération prolongée), parfois non, sans logique apparente. Ces variations nuisent à la précision du document.

🔹️Erreurs de typographie. On trouve par exemple (éxecutives) au lieu de (exécutives) dans la description d’une étude chez l’adulte. Ces erreurs, bien que mineures, affaiblissent la crédibilité d’un document officiel.

🔹️Problèmes de formatage. Certaines tables (comme celles listant les comparateurs cliniquement pertinents) sont mal alignées, avec des colonnes désorganisées et des polices variables, ce qui rend leur lecture difficile.

🔸️L’avis de la has sur le xurta ne répond pas aux standards scientifiques et réglementaires attendus pour un médicament destiné au tdah.

Gigi Tdah 😉

 

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