Cnh 2026, le grand mirage de l'accessibilité et la stratégie des faux-semblants.
Cnh 2026, le grand mirage de l'accessibilité et la stratégie des faux-semblants.
🔸 À l'approche de la 7ᵉ Conférence Nationale du Handicap prévue le 4 septembre 2026, l'État déploie une fois de plus son arsenal de communication sous le slogan séduisant (Passer d’une société inclusive à une société pleinement accessible). Pourtant, derrière les formules calibrées et les annonces à répétition se cache une mécanique bien rodée d'illusions politiques, de reculs discrets et de promesses non tenues.
🔸 Le premier grand leurre réside dans l'affichage de montants budgétaires mirobolants qui relèvent en réalité du tour de passe-passe. L'État vante régulièrement son Fonds Territorial d'Accessibilité ou ses plans à plusieurs milliards, mais dans la pratique, les conditions d'accès sont tellement restrictives et les démarches tellement complexes que les enveloppes restent majoritairement inutilisées par les commerces et Établissements Recevant du Public (ERP). De même, les fameuses (50 000 solutions ) pour le secteur médico-social ne représentent pas de véritables créations de places nettes, mais un simple recyclage d'effectifs existants au sein d'un secteur médico-social asphyxié et déserté par les professionnels en raison du manque de moyens et de rémunérations décentes.
🔸 Le second piège est sémantique, l'utilisation du mot (inclusion) pour masquer le désengagement des structures publiques. Sous prétexte de favoriser l'école inclusive ou le milieu ordinaire, on réduit ou bloque la création de structures adaptées sans pour autant donner les moyens aux institutions de droit commun d'accueillir dignement les personnes concernées. Le résultat est une précarisation accrue, des enfants privés de scolarité effective faute d aesh formées et disponibles, et un épuisement massif des familles et des aidants contraints de pallier l'absence de l'État.
🔸 La communication gouvernementale tente de faire oublier une série de reculs juridiques et démocratiques majeurs. On oublie de rappeler que la loi Élan a discrètement abaissé le quota de logements neufs accessibles de 100 % à seulement 20 %, que les sanctions contre les transports et bâtiments inaccessibles sont indéfiniment reportées, et que la France subit les condamnations répétées du Conseil de l'Europe pour violation des droits fondamentaux.
🔸 Quant au principe prétendu de co-construction (Rien sur nous sans nous), il s'est tellement réduit à un monologue politique que les grandes associations représentatives ont dû faire entendre leur colère et boycotter les grand-messes élyséennes pour dénoncer ce mépris de la réalité du terrain. L'accès aux transports, à l'école, au logement, à la santé et à l'emploi n'est ni un privilège ni une concession bienveillante de l'État, mais un droit fondamental et opposable. Pour que ce rendez-vous de 2026 ne soit pas un énième exercice de communication, il ne faudra plus repousser les échéances, il faut des sanctions immédiates pour non-accessibilité, un budget réel dédié à l'accompagnement et un calendrier réellement contraignant pour tous.
Gigi Tdah 😉
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