Le piège des infographies..
Le piège des infographies sur la neuro divergence, quand la simplification devient une erreur médicale.
🔸 Si l’intention de sensibiliser au sous-diagnostic de l’autisme et du tdah chez les filles est louable, véhiculer des informations erronées peut s'avérer néfaste pour les premières concernées. En analysant ce visuel sous un angle clinique et psychiatrique, on constate que sous couvert de bienveillance, plusieurs contresens scientifiques majeurs se sont glissés dans le document.
🔸 La première erreur flagrante réside dans le mélange injustifié entre troubles neurodéveloppementaux, maladies psychiatriques et simples étiquettes non officielles. L'infographie met sur un même plan clinique l'Autisme et le tdah, qui sont des structures neurobiologiques présentes dès la naissance, avec l'Anxiété et le Toc , qui sont des troubles mentaux pouvant apparaître à n'importe quel moment de la vie.
🔸 Pire encore, elle y intègre le Pda (Pathological Demand Avoidance) et le Audhd, qui ne sont absolument pas des diagnostics reconnus dans les manuels médicaux de référence (comme le DSM-5 ou la CIM-11), mais respectivement un profil comportemental controversé et un néologisme issu des réseaux sociaux.
🔸 La deuxième dérive concerne l'usage abusif du terme (neuro divergente) comme une fourre-tout diagnostique. La neuro divergence est un concept sociologique et politique, pas un diagnostic médical. ▪️Regrouper des réactions d'anxiété sous cette bannière floute les mécanismes neurobiologiques réels et risque d'induire en erreur les parents ou les patientes en quête de réponses cliniques précises. La troisième incohérence, et sans doute la plus dangereuse sur le plan thérapeutique, touche aux conseils d'accompagnement qui contredisent directement la science.
🔸Pour le toc, le visuel préconise des cadres rassurants. Or, la médecine comportementale (tcc) a amplement démontré que rassurer constamment une personne souffrant de toc alimente la compulsion et aggrave le trouble. Le traitement de référence repose sur l'exposition progressive avec prévention de la réponse, et non sur la réassurance systématique. De même pour l'Anxiété, le conseil de maintenir un environnement calme en permanence encourage l'évitement, ce qui renforce la phobie à long terme au lieu de développer la résilience par une exposition graduée et sécurisée.
🔸 Le document souffre d'un réductionnisme basé sur l'effet Barnum et des stéréotypes de genre. Décrire des pathologies complexes par des expressions vagues comme (être dans la lune), (aimer les routines) ou (avoir besoin d'être rassurée) s'apparente davantage à de l'astrologie comportementale qu'à de la psychologie. Le camouflage social chez les filles est un phénomène réel et documenté, mais il ne résume pas la complexité des critères d'évaluation d'un trouble neurodéveloppemental.
🔸 Si la vulgarisation sur les réseaux sociaux permet de briser des tabous, elle ne doit pas se faire au détriment de la rigueur scientifique. Confondre une condition neurobiologique innée, une comorbidité psychiatrique et des traits de personnalité crée une confusion diagnostique préjudiciable. Pour obtenir un accompagnement adapté et des réponses fiables, rien ne remplacera jamais l'évaluation rigoureuse d'un professionnel de santé formé aux critères cliniques officiels.
Gigi Tdah 😉
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