Pourquoi l'image des 7 types de Tdah, induit en erreur, une analyse humaine et scientifique.
Pourquoi l'image des 7 types de Tdah, induit en erreur, une analyse humaine et scientifique.
🔸Quand on cherche à comprendre son propre cerveau ou celui d’un proche, tomber sur une infographie résumant le tdah en sept catégories bien distinctes peut sembler rassurant. C’est clair, visuel et cela donne l’impression de poser un nom précis sur un vécu parfois très lourd. Pourtant, lorsqu’on analyse ce schéma avec le recul clinique et scientifique d'aujourd'hui, on réalise rapidement qu’il mélange des concepts scientifiquement obsolètes, des erreurs d'édition et des raccourcis dangereux pour la prise en charge.
🔸 La première chose qui frappe, avant même de parler de neurologie, c'est une incohérence évidente dans la conception de l'image elle-même, le (tdah anxieux) y apparaît deux fois, avec exactement la même description sous deux flèches différentes. Cette coquille visuelle illustre bien le problème de ces visuels simplifiés qui circulent massivement sur les réseaux sociaux sans véritable relecture médicale. Mais au-delà de ce détail graphique, le fond du problème est bien plus profond.
🔸Sur le plan scientifique, cette théorie des sept types provient des travaux du psychiatre américain Daniel Amen, très contestés par la communauté scientifique internationale. Ce modèle tente d'associer un comportement clinique précis à une zone cérébrale unique, comme lorsqu'il parle d'un (tdah de lobe temporal) pour des accès de colère, ou d'un ( Tdah de type anneau basal). Or, la neuro-imagerie moderne a largement démontré que le tdah ne fonctionne pas ainsi. Le cerveau n'est pas un assemblage de boutons isolés, c'est un réseau complexe.
🔸Le tdah est un trouble de la connectivité globale, un défaut d'orchestration entre plusieurs grands réseaux (notamment le réseau par défaut et le réseau exécutif central), et non la défaillance d'un unique lobe. L'autre grande confusion de cette infographie réside dans le mélange systématique entre le tdah lui-même et ce qu'on appelle les comorbidités. Quand le schéma décrit un (tdah limbique) caractérisé par de la tristesse et du retrait, ou un (tdah anxieux), il prend le problème à l'envers. L'anxiété ou la dépression ne sont pas des (sous-types ) de tdah.
🔸Ce sont des troubles distincts qui viennent très fréquemment s'ajouter au tdah (jusqu'à 80 % des adultes tdah vivent avec au moins une comorbidité). ▪️Faire croire qu'il s'agit d'une forme particulière de tdah masque la réalité de ces souffrances et peut conduire à de mauvais choix thérapeutiques, comme traiter une dépression sévère uniquement sous l'angle du tdah. Il en va de même pour le ( type anneau basal) associé à des tendances obsessionnelles. La recherche clinique distingue aujourd'hui très clairement le Tdah du Trouble Obsessionnel Compulsif (Toc).
🔸 Bien qu'ils puissent coexister chez une même personne, leurs mécanismes profonds dans le cerveau sont différents. Les amalgamer dans une même case risque de créer de la confusion, voire d'amener à des traitements inappropriés qui pourraient aggraver l'anxiété du patient.
▪️Sur le plan humain, la plus grande limite de ce visuel est de présenter le tdah comme une étiquette rigide et figée. La réalité d'une personne neuro divergente est profondément dynamique. Une même personne ne reste pas bloquée dans un (type) toute sa vie. Ses symptômes évoluent avec l'âge, s'expriment différemment selon le niveau de fatigue, le contexte émotionnel, l'environnement professionnel ou l'hygiène de vie. L'hyperactivité physique de l'enfance se transforme souvent en une agitation mentale intérieure à l'âge adulte, sans que la personne n'ait changé de (catégorie ).
🔸 Si ce genre de schéma a le mérite de vouloir sensibiliser le grand public à la diversité des symptômes, il simplifie à l'excès une réalité neurologique et humaine complexe. Le tdah ne se laisse pas enfermer dans sept cases hermétiques. Un diagnostic juste repose sur une évaluation globale de l'histoire de vie de la personne, la prise en compte de son environnement et l'identification précise des éventuelles comorbidités, afin de lui offrir un accompagnement réellement sur mesure.
Gigi Tdah 😉
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