L'imposture du ( Y'a qu'à ).
L'imposture du ( Y'a qu'à )
Il existe une catégorie de personnes toujours prêtes à vous plaquer une formule magique sur le nez. (Tu devrais juste faire comme ça), (C’est pourtant simple), (Tu te compliques la vie).
🔸Ces conseils prêt-à-penser partent du principe absurde que nous sommes toutes alignées sur la même ligne de départ. Mêmes ressources en réserve, même câblage cérébral, mêmes armes pour affronter la journée. Mais la réalité est un peu moins poétique, la jauge de batterie de chacune ne se remplit ni à la même vitesse, ni de la même manière.
🔸Quand on vit avec un tdah, le monde extérieur exige une fluidité que notre cerveau refuse de fournir sur commande. Ce que d'autres franchissent comme une marche d'escalier prend parfois l'allure d'un mur vertical. Alors, quand la fatigue cognitive accumulée rend la moindre décision douloureuse, aligner trois priorités relève parfois du miracle.
🔸Dans ces moments-là, il ne s'agit pas d'exceller. Il s'agit de survivre au bruit ambiant sans y laisser ses dernières forces. Refuser de culpabiliser parce qu'on a choisi la pente la moins raide, c'est déjà reprendre la main. Laisser tomber l'illusion d'une trajectoire parfaite pour simplement préserver son équilibre immédiat n'est pas un abandon,'est de l'autodéfense mentale.
🔸Le développement personnel à coup de slogans culpabilisants aime faire croire que la pure force mentale suffit à déplacer des montagnes. Il oublie juste un détail, la volonté ne reconfigure pas la neurobiologie.
🔸 Arrêtons de mesurer nos efforts à l'aube de ceux qui avancent sur un terrain plat. Avancer d'un millimètre dans ses propres marécages demande souvent dix fois plus de courage que de courir un marathon sur un boulevard bien nettoyé.
Gigi Tdah 😉
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